Formation professionnelle et responsabilité sociale

Un jeune dans un atelier de menuiserie (Photo: GG Berlin/pixelio.de)
L’embauche de jeunes en situation de handicap est un choix judicieux. (Photo: GG Berlin/pixelio.de)

La formation professionnelle des jeunes représente une importante responsabilité sociale. Cela vaut tout particulièrement pour les jeunes en situation de handicap. Cet article traite des démarches que doivent entreprendre les entreprises et des critères à satisfaire pour y parvenir.

La formation professionnelle contribue à faciliter l’entrée sur le marché du travail après l’école pour environ deux tiers des jeunes en Suisse. La formation duale, c’est-à-dire un cursus ayant lieu parallèlement en entreprise et à l’école professionnelle, leur offre une solide base professionnelle. Les entreprises assument ainsi une responsabilité importante tout en assurant une relève professionnelle. Elles investissent dans l’avenir de leur propre entreprise et du secteur dans lequel elles se situent.

Filières de formation et responsabilité sociale

En s’assurant de prévoir suffisamment de places d’apprentissage et de permettre au plus grand nombre possible de jeunes de poursuivre une formation professionnelle, les entreprises assument ainsi une importante responsabilité sociale. Malheureusement, un tel engagement est trop souvent insuffisant et ne permet pas d’offrir une égalité des chances à tous les jeunes.

De nombreuses entreprises, en particulier les PME, ne voient pas la nécessité de permettre à un jeune en situation de handicap de poursuivre une formation, lui facilitant ainsi l’entrée sur le marché du travail, ou estiment simplement que de telles démarches demandent trop d’efforts. En outre, les personnes responsables de l’embauche ne sont souvent pas suffisamment informées des diverses possibilités qui s’offrent à elles.

De nombreuses expériences positives

Bien sûr, s’engager à offrir des places d’apprentissage à des jeunes souffrant d’un handicap physique ou psychique nécessite souvent un investissement supplémentaire de temps et d’argent. Chaque situation est unique : il peu s’agir par exemple d’un handicap visuel ou auditif, de mobilité réduite, de difficultés d’apprentissage ou de troubles du comportement. Toutefois, les spécialistes et les entreprises engagées s’accordent pour souligner le côté positif de l’expérience.

En effet, chaque individu possède ses propres compétences. Grâce à leur grande motivation, les jeunes handicapés compensent ainsi d’éventuels déficits, ce qui à son tour exerce un impact positif sur leurs collègues de travail. De plus, une entreprise qui fait preuve d’un tel engagement envoie un signal positif, au sein de l’entreprise comme à l’extérieur, ce qui bénéficie aussi à l’image de l’entreprise.

Les entreprises ont besoin d’une autorisation de former

Les entreprises qui tiennent compte des nombreux aspects positifs et choisissent de s’engager à offrir une ou plusieurs places d’apprentissage à des jeunes en situation de handicap doivent satisfaire diverses exigences. Elles doivent entre autres définir le métier pour lequel elles veulent former les jeunes, ainsi que le genre de formation. Il existe environ 250 apprentissages, en plus des nombreux types de formation.

Indépendamment du fait que les entreprises souhaitent former des jeunes avec ou sans handicap, elles doivent garantir certaines conditions de base, telles que la motivation et la présence de professionnels sur les lieux de travail, ou encore d’offrir des cours à l’intention des formateurs, ainsi que des places d’apprentissages appropriées. Elles doivent aussi se procurer, auprès des autorités cantonales, une autorisation de former des jeunes pour un apprentissage.

Une touche avec un symbole de fauteuil roulant. (Photo: BrandtMarke/pixelio.de)
Un environnement de travail accessible est une condition essentielle à l’embauche de jeunes en situation de handicap. (Photo: BrandtMarke/pixelio.de)

Environnement de travail accessible

En outre, afin de pouvoir pleinement bénéficier des compétences et qualités des personnes handicapées, l’environnement de travail doit nécessairement leur être adapté, c’est-à-dire leur être accessible. Un environnement accessible signifie que l’employé en situation de handicap peut se déplacer sans obstacles et ce de façon autonome, le plus possible sans aide extérieure. Dès que les obstacles présents dans un lieu de travail ont été éliminés, l’entreprise peut aller de l’avant avec l’embauche de personnes en situation de handicap. Les entreprises qui souhaitent offrir des places d’apprentissage aux jeunes en situation de handicap physique ou psychique peuvent se procurer une assistance auprès de l’assurance-invalidité pour les coûts d’adaptation ou de construction.

Dans le cas où des moyens techniques seraient nécessités pour permettre à un apprenti en situation de mobilité réduite d’exécuter ses tâches le mieux possible, l’entreprise peut aussi faire une demande auprès de l’assurance-invalidité.

Collaboration avec l’AI

Il n’existe pas de démarche standard pour les entreprises qui souhaitent offrir des places d’apprentissage aux jeunes handicapés. Chaque situation de handicap étant unique, les démarches et les procédés d’adaptation devront être élaborés individuellement en fonction des besoins.

C’est pourquoi on recommande aux entreprises de prendre contact avec les offices cantonaux de l’assurance-invalidité, dont l’objectif principal consiste à faciliter l’intégration professionnelle des personnes handicapées. L’AI discute avec l’entreprise de ce qu’elle envisage faire et des moyens dont elle dispose, et l’informe sur les diverses possibilités d’assistance proposées par l’AI, que ce soit pour la personne en apprentissage ou pour l’entreprise.

Job coaching

L’AI travaille conjointement avec des spécialistes externes, qui évaluent la faisabilité d’un tel projet : cela consiste à faire les vérifications nécessaires, entre autres des capacités d’apprentissage, et de suivre et accompagner l’apprenti et l’entreprise tout au long de l’apprentissage. Par exemple, les offices AI du canton de Berne font appel à l’expertise de l’AAC Wütrich, qui poursuit l’objectif d’aider les personnes en situation de handicap à suivre une formation et à trouver un emploi dans le marché libre.

La participation au sein du marché du travail représente un élément principal de l’égalité des chances pour les personnes en situation de handicap. Une solide formation en constitue la base, et une collaboration étroite entre les entreprises, l’assurance-invalidité, et les jeunes en situation d’apprentissage présente le potentiel d’améliorer de façon significative la situation des jeunes en situation de handicap.

Texte: Patrick Gunti, Simon Müller 08/2014
Traduction: MyH – 09/2014
Photos: pixelio.de

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