Ateliers pour personnes handicapées

Une vendeuse montre une chemise à un client. (Photo: ClipDealer)
Les ateliers pour personnes handicapées participent à la consolidation de l’offre de services. (Photo : ClipDealer)

La participation au marché du travail constitue un élément important de l’intégration des personnes en situation de handicap. Aujourd’hui, les ateliers pour personnes handicapées font souvent partie d’institutions de formation ou d’entreprises qui favorisent l’intégration professionnelle. Ils peuvent faciliter la réintégration de personnes handicapées sur le marché du travail primaire.

La 5e révision de l’AI s’appuie sur le principe de base: «la réadaptation professionnelle avant la rente». En ce sens, les ateliers pour personnes handicapées ainsi que les entreprises qui favorisent l’intégration professionnelle jouent un rôle très important. D’une part, les personnes qui, en raison d’un handicap ou de toute autre atteinte à leur santé, sont exclues du marché du travail, ont ainsi la possibilité de se préparer à réintégrer la vie professionnelle.    

Travail utile

D’autre part, de tels ateliers permettent aux personnes qui ne sont pas employables sur le marché du travail primaire de trouver un emploi adapté à leur situation. Elles ont ainsi la possibilité, dans la mesure de leurs aptitudes, d’effectuer un travail utile autant pour elles que pour l’industrie ou la société en général.   

L’association INSOS Suisse est experte dans le domaine de l’intégration professionnelle. Cette association faîtière regroupe des institutions pour personnes avec handicap ; elle permet à environ 50 000 personnes de trouver un lieu de vie avec accompagnement, une formation ou un emploi, et ceci dans des conditions protégées ou adaptées à leur situation.

Les institutions membres d’INSOS offrent en tout environ 25 000 emplois, répartis sur 300 ateliers pour personnes handicapées. Dans certains cas, ces ateliers peuvent aussi être mis à disposition de jeunes personnes qui en raison de difficultés d’apprentissage peuvent suivre leur formation professionnelle dans le cadre d’un atelier protégé.

Un formateur explique une tâche à exécuter à deux personnes en situation de handicap. (Photo: Stiftung Pfennigparade)
Les personnes en situation de handicap peuvent aussi travailler dans le domaine commercial. (Photo: Stiftung Pfennigparade)

Offre variée et innovatrice

En ce qui concerne les ateliers, l’offre se décline en de multiples possibilités: production de produits de qualité, offre de services variés ou encore exécution de travaux sur commande.

Jusqu’à récemment, ces ateliers se concentraient principalement sur les travaux manuels; cependant, les dernières années ont vu le secteur des services gagner en importance. Le concept même d’atelier peut porter à confusion; en effet, l’offre comprend entre-temps des produits pour les loisirs ou encore des services de traiteurs, d’accompagnement ou de nettoyage, pour n’en citer que quelques-uns. En outre, des entreprises telles qu’hôtels, restaurants, commerces ou bureaux de poste emploient aussi des personnes en situation de handicap.

Aujourd’hui, qui dit «atelier pour personne handicapée» parle principalement d’entreprises qui favorisent l’intégration ou la formation. De telles offres permettent aux personnes en situation de handicap non seulement d’effectuer un travail utile et intéressant, mais aussi de créer des liens avec d’autres personnes.

La pression économique augmente

La consolidation et la diversification de l’offre est étroitement liée à la pression économique qui ne cesse de croître. La crise économique, entraînant dans son sillon la chute des prix, la régression des volumes de commandes ainsi que les mesures d’austérité des cantons et de l’AI, entraîne également un impact sur les ateliers pour personnes handicapées. En principe, ces ateliers sont tout aussi dépendants de la conjoncture que l’est le secteur économique en entier. La diversification permet aussi de compenser, du moins en partie, la baisse des travaux sur commande.

Comme dans l’économie privée

Et même dans le cas où ces ateliers font partie d’institutions sociales, qui en conformité avec la  Loi fédérale sur les institutions destinées à promouvoir l'intégration des personnes invalides (LIPPI) reçoivent le soutien des cantons, cela ne signifie pas automatiquement que l’État rembourse tous les frais. Tout comme les entreprises, les ateliers sont également tenus de poursuivre une démarche économique et d’effectuer un contrôle sur leurs dépenses.

Ainsi, le travail en atelier protégé se distingue de moins en moins du travail dans le secteur privé. Les ateliers déterminent les salaires aussi en fonction de leurs possibilités financières. Divers facteurs, tels l’efficacité ou la volonté d’obtenir de bons résultats, l’environnement social ou l’évolution conjoncturelle ou régionale peuvent entraîner un impact sur les salaires. En principe, les ateliers ont le devoir de déterminer les droits et obligations en fonction du Code des obligations.

 

Texte: Patrick Gunti 11/2013
Traduction: MyH – 11/2013
Photos: Clipdealer/Stiftung Pfennigparade


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