Tir à l’arc : force et concentration

Calme intérieur, force et concentration : quiconque réussit à réunir ces trois qualités est gagnant. Le tir à l’arc est pratiqué depuis longtemps au sein des centres de réadaptation, et de ce fait est considéré comme l’une des disciplines sportives les plus anciennes auprès des personnes handicapées.

Les premières compétitions sportives pour personnes handicapées ont eu lieu en 1948 à Stoke Mandeville, en Angleterre. A cette époque, 130 athlètes provenant de deux pays participaient à l’épreuve de tir à l’arc. Depuis les jeux paralympiques de Rome en 1960, le tir à l’arc constitue un point d’intérêt particulier de chaque événement paralympique.

Les résultats sont évalués après que le participant a lancé ses flèches. (Photo: pixelio.de)

Tous égaux

En principe, toute personne, quel que soit le handicap, peut apprendre le tir à l’arc. Seules les personnes atteintes de cécité ou de troubles mentaux sévères ne peuvent participer à cette discipline, pour des raisons de sécurité. En revanche, l’utilisation d’instruments adaptés permet même à des tétraplégiques de pratiquer ce sport.

En tant que thérapie, le tir à l’arc permet de consolider la musculature du dos, de la poitrine et des épaules. Il permet également d’améliorer la capacité de concentration ainsi que le sens de l’équilibre, si important pour les personnes se déplaçant en fauteuil roulant. En outre, cette discipline a cette particularité d’être entièrement égalitaire, en ce qu’elle permet aux personnes handicapées de se mesurer à des archers non handicapés sans que les règles doivent être modifiées.

Sport individuel et sport d’équipe

Lors de compétitions, les archers doivent atteindre des cibles plus lointaines dont le diamètre mesure 122 cm. Aux jeux paralympiques, la distance séparant les archers de leur cible est de 70 mètres, tandis que lors de compétitions libres, cette distance peut se situer en 60 et 90 mètres. Les distances sont définies en fonction de catégories spécifiques selon le type de handicap. Lorsque le tir à l’arc est pratiqué à l’intérieur, les cibles de diamètre plus petit sont positionnées à 25 ou 18 mètres. Les compétitions ont lieu soit entre individus, soit entre équipes.

Concentration et méditation

Tendre l’arc, viser la cible, se concentrer sur le point du milieu, puis lâcher prise – les soucis s’envolent avec la flèche. Ce qui peut sembler comme un jeu d’enfant requiert beaucoup d’endurance, de l’entraînement et une certaine attitude mentale. Selon une citation attribuée au philosophe Confucius: «On reconnaît la vertu et l’attitude d’un homme à sa façon de tendre l’arc».

Au Japon, le bouddhisme zen accorde une place particulière au tir à l’arc. L’arc et la flèche constituent des instruments de méditation. En cherchant à atteindre l’harmonie entre le conscient et le subconscient, l’archer poursuit son objectif ultime, c’est-à-dire parvenir à la connaissance de soi et au calme intérieur. Outre l’aspect purement sportif de cette discipline, peut-être ces objectifs sont-ils une façon de trouver l’harmonie avec soi-même et avec son handicap.

Texte : Dominik Feusi
Traduction : myh

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