Le financement des soins toujours d’actualité

Divers billets et pièces de monnaie Verschiedene Franken-Noten und Münzen. (Photo: Kurt Michel/pixelio.de)
L’assurance de soins obligatoire reste d’actualité. (Photo: Kurt Michel/pixelio.de)

Un nombre grandissant de personnes peuvent se réjouir d’une longue espérance de vie. Cependant, avec les années, la probabilité de nécessiter des soins augmente aussi. En vue de l’augmentation des coûts d’assurances d’ici 2030, les demandes pour une assurance de soins obligatoire se font de plus en plus pressantes.

La Suisse ne dispose d’aucune assurance de soins obligatoire. Comme alternative, un financement de soins a été introduit en 2011. Avec les moyens actuels du système des assurances sociales, le financement des soins doit pouvoir être assuré, c’est-à-dire par les prestations des caisses-maladies, les allocations pour impotents de l’AI et de l’AVS, ainsi que les prestations complémentaires.

Contribution privée au financement des soins

La loi en matière de soins prévoit que les résidents d’institutions pour personnes âgées ou bénéficiaires des services Spitex doivent contribuer au financement des soins. Avec des coûts atteignant 10 000 francs en établissement pour personnes âgées, de nombreuses personnes craignent d’y voir passer toutes leurs épargnes.

Prestations complémentaires comme assurance de soins ?

Obsan, l’observatoire suisse de la santé, s’attend à ce que les coûts de financement atteignent 16 milliards de francs d’ici 2030, ce qui représente une charge énorme pour tous les acteurs. Pour de nombreuses personnes âgées, les revenus provenant de l’AVS, de la caisse de retraite ainsi que des épargnes ne suffisent plus pour financer les soins en institution. C’est pourquoi les cantons sont dans l’obligation de fournir des milliers de francs annuellement pour les soutenir sous forme de prestations complémentaires. C’est aussi la raison pour laquelle les voix s’élèvent pour exiger une assurance de soins obligatoire.

Un aide-soignant aide un vieillard à se lever. (Photo: BARMER GEK)
De nombreuses personnes craignent pour leurs épargnes. (Photo: BARMER GEK)

Assurance de soins: diverses variantes

Dans un postulat déposé au Conseil fédéral en 2011, Jacqueline Fehr, conseillère nationale du Parti socialiste, a fait l’ébauche d’un tel modèle: une assurance de soins qui prendrait en charge les prestations pour les soins à long terme ainsi que pour les frais d’hébergement pour les personnes de 50 ans et plus. Cette assurance de soins serait financée par les contributions des communes, des cantons et du fédéral, ainsi que par une contribution des assurés, en fonction de leur revenu et de leur fortune.

D’autres modèles proposent qu’une telle assurance de soins doive fonctionner comme l’AVS, c’est-à-dire de manière solidaire. Dans un tel cas, les groupes à risques ne seraient pas les seuls à payer, mais aussi tous les travailleurs, par des prélèvements sur leur salaire. En outre, une majoration sur les primes de caisse-maladie pourrait être considérée à partir d’un certain âge.

L’assurance de soins est financièrement réalisable

La solution proposée par le statisticien bâlois August Lienin, aujourd’hui retraité, est en revanche peu envisageable. Dans une contribution pour le magazine radiophonique « Expresso », sur les ondes de Radio SRF, celui-ci affirme que personne n’aurait à puiser dans sa fortune privée si tous les individus âgés de 55 et plus payaient 14 francs par mois pour une assurance de soins obligatoire.

Lienin ne tient pas compte uniquement du financement d’une telle initiative, mais aussi de l’injustice du système actuel. Quiconque possède une fortune est mis à contribution, tandis que celui qui a gaspillé sa fortune est pris en charge par l’Etat.  

L’assurance de soins reste à l’ordre du jour   

Compte tenu du financement des soins, entré en vigueur en 2011, on ne peut s’attendre à un changement de système rapide. Les cantons, principaux responsables des prestations complémentaires, font aussi pression, puisqu’ils devront aussi prendre en charge l’augmentation du financement des soins. Ce sujet reste donc à l’ordre du jour, et l’Office fédéral des assurances sociales est conscient qu’une assurance de soins obligatoire doit d’abord faire l’objet d’un examen rigoureux.

Une assurance privée ne vaut la peine que pour les biens nantis

Bien sûr, il est toujours possible de conclure une assurance de soins privée. Toutefois, une telle assurance est coûteuse, et la question demeure : cela sert-il réellement à quelque chose ? En cas de besoin, un assuré reçoit un remboursement de son assurance. Les prestations complémentaires sont toutefois calculées en fonction du revenu net ; l’assuré peut donc recevoir moins de prestations complémentaire, voire pas du tout. Par conséquent, les assurances privées ne sont intéressantes que pour les biens nantis, qui souhaitent protéger leur fortune ou leur héritage.

Texte: Patrick Gunti - 10/2013
Traduction: MyH – 06/2014
Photos: pixelio.de, BARMER GEK

Vous avez des questions? N'hésitez pas à poser vos questions sur notre forum!