La peur de la société

Une araignée sur un mur (Photo: Marco Barnebeck/pixelio.de)
Une araignée. Belle? Pas trop. Dangereuse ? Non. De nombreuses personnes souffrent toutefois d’une arachnophobie. (Photo: Marco Barnebeck/pixelio.de)

Les personnes souffrant de phobie sociale évitent de sortir dans les lieux publics. Elles craignent de ne pouvoir satisfaire aux attentes d’autrui et de se faire rejeter. Ou encore, elles craignent qu’on détecte la nervosité qu’elles éprouvent lorsqu’elles prennent la parole en public.

Divers symptômes peuvent se manifester, tels que la peur de prendre la parole, des lapsus fréquents, des difficultés à respirer, voire des crises de paniques. Il arrive souvent que les personnes souffrant de phobies sociales essaient d’éviter les situations jugées «dangereuses». Un tel comportement peut nuire au cheminement scolaire ou professionnel, voire à la vie privée, et mener à un total isolement social.

Avions, ascenseurs, araignées…

On répertorie également les phobies spécifiques, provoquées par un objet ou une situation spécifique. Par exemples, certains individus développent une zoophobie, c’est-à-dire la peur des animaux, ou encore une arachnophobie, la peur des araignées.

D’autres personnes développent des troubles d’anxiété lorsqu’ils doivent prendre l’avion ou encore l’ascenseur, tandis que certains éprouveront une peur des seringues ou du sang.

Panique sans raison apparente

Les troubles de paniques sont principalement caractérisés par des crises de paniques provoquées par des événements récurrents. Ces crises se manifestent par une réaction physique extrême sans aucune raison apparente, souvent vécue comme une énorme menace à leur santé. Le corps réagit par une forte sécrétion d’adrénaline et se prépare à la fuite ou au combat en l’espace d’une seconde. Des symptômes tels que le manque de souffle, une sensation de constriction dans la poitrine, une crise de tachycardie ou des douleurs thoraciques, des tremblements, de fortes sudations ou encore la nausée peuvent se manifester.

Les personnes atteintes de tels troubles peuvent avoir l’impression de souffrir d’un infarctus du myocarde. En général, les symptômes disparaissent en même temps que la montée d’adrénaline en l’espace de quelques minutes à peine. On parle de troubles anxieux lorsque de telles crises de paniques se répètent fréquemment.  

Se soucier de tout

Les troubles d’ «anxiété généralisée» sont aussi très fréquents. Les personnes souffrant de tels troubles ont une tendance maladive à se soucier de tout et de rien, et éprouvent de nombreux ressentiments. Il peut s’agir par exemple de la crainte d’un accident ou de l’impossibilité de payer le loyer.

Ces personnes éprouvent des craintes pour un rien et se soucient de tout, sans qu’il n’y ait aucune raison de se préoccuper. En raison de telles craintes et préoccupations, elles n’arrivent plus à gérer les événements du quotidien. Ces peurs se manifestent entre autres par des troubles tels que tremblements, crises de tachycardie, insécurité, bouffées de chaleur ou encore troubles du sommeil.

Isolement et dépression

En plus des symptômes aigus provoqués par les crises de panique, les troubles d’anxiété peuvent entraîner une dépression ou un isolement total, ou encore un comportement de dépendance. Les peurs, phobies ou crises de panique dérobent l’énergie vitale d’une personne. Tout devient négatif. Les personnes souffrant de troubles d’anxiété évitent les lieux publics, les endroits susceptibles de provoquer des réactions ou des crises de panique.

Elles se replient de plus en plus sur elles-mêmes, s’éloignent de leurs proches. Afin de réprimer leurs peurs ou de lutter contre les troubles physiques, de nombreuses personnes se mettent à consommer médicaments, alcool ou drogues et entrent ainsi dans un cercle vicieux duquel il est très laborieux d’en sortir.

Etablir un diagnostic le plus rapidement possible

Il est extrêmement important d’établir un diagnostic le plus rapidement possible. Avec une thérapie adéquate, il est possible de traiter les troubles d’anxiété. L’étape la plus importante consiste à se poser les bonnes questions:

  • Suis-je préoccupé(e) par mes peurs plusieurs fois par jour?
  • Mes symptômes, tels que crises de tachycardie, tremblements, etc., se manifestent-ils de façon répétée?
  • Mes peurs ont-elles une influence négative sur mon quotidien?
  • Mon humeur est-elle négative, dépressive?
  • Est-ce que je gère mes peurs avec les médicaments, l’alcool, voire les drogues?

Les réponses à ces questions détermineront si un traitement est nécessaire. Celui-ci consiste normalement en une psychothérapie, et d’une thérapie médicamenteuse en cas de graves symptômes. Il s’agit la plupart du temps d’antidépressifs, qui d’une part diminuent les craintes et d’autre part empêchent qu’une dépression ne se développe. Lors d’une psychothérapie, le patient apprend à mieux comprendre que les troubles d’anxiété diminuent après un certain temps.

La thérapie comportementale et cognitive intervient en cas de phobies, de troubles d’anxiété et de panique. Elle vise à assister le patient à identifier les situations susceptibles de provoquer des réactions liées aux peurs et de s’y confronter de façon ciblée et progressive, jusqu’à ce qu’il puisse à nouveau gérer ces situations et les  intégrer dans son quotidien.

Texte : P.Gunti
Traduction : MyH – 02/2014
Photo : pixelio.de

Vous avez des questions? N'hésitez pas à poser vos questions sur notre forum!