Boulimie

Chez une personne boulimique, les crises de boulimie surviennent fréquemment. (Photo: pixabay.com)

La boulimie est un trouble du comportement alimentaire caractérisé par des épisodes de vomissement ou autres mesures compensatoires par lesquelles l’évacuation de la nourriture est provoquée. Les crises de boulimie, c’est-à-dire la consommation rapide et incontrôlée de larges quantités de nourriture, surviennent fréquemment. La boulimie peut entraîner des effets secondaires lourds de conséquences sur la santé de l’individu.

La boulimie peut être source de grandes souffrances; c’est pourquoi il est d’une grande importance, pour une personne boulimique, de prendre conscience de ce qui chez elle provoque ce comportement, et de ce à quoi elle devrait renoncer si elle abandonnait ce comportement.

La boulimie (bulimia nervosa)  fait partie des troubles du comportement alimentaire. Elle est caractérisée soit par des crises de boulimie, au cours desquelles la personne boulimique consomme de façon incontrôlée une quantité importante de nourriture, ou encore, ou par une préoccupation surdimensionnée faisant de chaque bouchée une bouchée de trop: ainsi, lorsque la personne a l’impression d’avoir trop mangé, peu importe la quantité de nourriture ingérée, elle tente, soit par vomissement ou en prenant des laxatifs, de rejeter ce qu’elle a mangé.

Pourquoi ces crises de boulimie?

Presque rien n’est aussi facile que de manger. Qui plus est, la gratification est immédiate. En effet, le taux de sucre ainsi que les neurotransmetteurs, ainsi libérés par les aliments, procurent une sensation de détente et d’apaisement. Peut-être la nourriture est-elle un moyen de dissimuler un sentiment désagréable et vient combler un besoin de bien-être, de chaleur, de sécurité. Peut-être les crises de boulimie représentent la meilleure, voire la seule possibilité de se sentir bien dans sa peau, de lâcher prise.

Pourquoi vomir après les repas?

Lorsqu’une personne vomit, certains neurotransmetteurs sont libérés, ce qui peut procurer un certain sentiment de détente. La sensation d’apaisement provoquée par le fait de vomir, ainsi que la sensation corporelle qui est amplifiée après avoir vomi, font en sorte qu’il est possible de mieux se sentir après avoir rejeté la nourriture ingérée. Le fait de vomir permet de vider l’estomac d’une sensation désagréable et fait diminuer la crainte de grossir. Vomir peut-être accompagné de plusieurs autres sensations, pouvant aller de la douleur associée à l’autopunition jusqu’à un sentiment d’euphorie pouvant s’apparenter à l’orgasme.

Quelles sont les conséquences de la boulimie ?

La boulimie est ressentie par le corps comme une source de stress. Des habitudes alimentaires irrégulières peuvent entraîner certaines carences, qui à leur tout viennent amplifier l’envie et l’appétit. Le stress ressenti par le corps, les carences ainsi que les variations de poids peuvent provoquer, entre autres, un déséquilibre du cycle menstruel. Des vomissements fréquents peuvent aussi endommager l’émail ou irriter l’œsophage, ou encore causer un état de faiblesse ou de fatigue extrême. Une carence en sels minéraux, due à des vomissements répétitifs, peut aussi entraîner un déséquilibre de la fréquence cardiaque, ce qui peut mettre la vie du patient en danger.

Comment s’en sortir ?

La première étape consiste à comprendre le comportement boulimique et les sensations qui en découlent. La boulimie est très particulière: d’abord une ingestion massive d’aliments, puis le rejet de ces aliments. L’impression de ne jamais manger suffisamment, tout en ne se nourrissant pas de façon adéquate. La boulimie est une façon d’entrer en contact avec son propre corps. Comme pour la respiration ou la sexualité, il s’agit de mouvements d’alternance. Se nourrir et vomir sont tous deux intimement liés à des sensations corporelles très intenses, recelant un potentiel encore non exploité. Quelque chose cherche à s’exprimer mais ne le peut pas encore… que faire pour y arriver?

La première étape consiste à comprendre le comportement boulimique et les sensations qui en découlent. (Photo: pixabay.com)

Ce que tu peux faire:

1.    Informe-toi auprès d’un centre de consultation si tu crois souffrir de boulimie. Le plus tôt sera le mieux. La boulimie peut avoir un impact non négligeable sur la qualité de vie.

2.    Suis une thérapie, qui te permettra d’identifier les thèmes et les problèmes qui sont à l’origine de ta boulimie. Les centres de consultation peuvent te recommander des thérapeutes ou consultants en nutrition qui sauront t’aider.

3.    Consulte un médecin spécialisé en troubles du comportement alimentaire. Si tu vomis plus d’une fois par jour, il est important d’aller régulièrement chez ton médecin.

4.    Demande-toi ce à quoi tu renoncerais, si tu n’avais plus ces crises boulimiques. Bien que tu en souffres, ces accès de boulimie te procurent «quelque chose». Que ressens-tu lors de ces «attaques», que tu ne ressens pas autrement ?

5.    Demande-toi quels comportements devraient être développés ou éliminés, afin que tu puisses à nouveau prendre plaisir à la vie, te détendre, ou tout simplement lâcher prise.

6.    Intègre ces nouveaux comportements dans ton quotidien. Peut-être ne t’apporteront-ils pas cette gratification immédiate à laquelle tu t’es habitué, mais ton cerveau apprendra, petit à petit, qu’ils procurent aussi un sentiment de bien-être.

7.    Pour t’aider à réhabiter ton corps, trouve des activités qui te font plaisir et qui te procurent un sentiment de bien-être, ou informe-toi sur les possibilités de suivre une thérapie corporelle.

Liste de vérification: Pourquoi suis-je boulimique?

Il existe autant de raisons de devenir boulimique qu’il existe de personnes souffrant de boulimie. Dans la plupart des cas, cependant, certains thèmes spécifiques jouent un rôle important. La liste de questions ci-dessous peut t’aider à comprendre ce qui se cache derrière la boulimie.

  • Suis-tu une diète ? se pourrait-il que ton corps ne soit pas suffisamment nourri?
  • Quelle relation entretiens-tu avec ton propre corps? te sens-tu bien dans ta peau? y-a-t-il aspects de ton apparence que tu n’aimes pas?
  • Quelle relation entretiens-tu avec le fait que tu sois un homme/une femme? te sens-tu en harmonie avec ton identité sexuelle?
  • Es-tu satisfait/e de ta situation actuelle? Fais-tu ce que tu as vraiment envie de faire?
  • Ta vie sociale est-elle source de satisfaction? As-tu des amis autour de toi, auprès de qui tu peux te confier?
  • Ta vie affective est-elle source de satisfaction? Te trouves-tu présentement dans une relation qui te permet de t’épanouir? Si non, sais-tu où est le problème? ce qui te manque?
  • Ta sexualité te procure-t-elle un sentiment de satisfaction? le plaisir et la satisfaction sexuelle font-ils partie de ton existence? peux-tu, lors d’une relation sexuelle, te détendre, lâcher prise?
  • Arrives-tu à te détendre? Si non, qu’est-ce qui t’en empêche? quelles parties du corps sont trop «à l’étroit»? arrives-tu à respirer profondément?
  • As-tu l’impression d’avoir le contrôle de tes émotions? tu peux les exprimer? quels sentiments sont plus difficiles à exprimer?
  • Aimes-tu la personne que tu es? Que préfères-tu chez toi? quels aspects n’aimes-tu pas? sais-tu d’où peut venir ce sentiment?

Texte: Arbeitsgemeinschaft Ess-Störungen (Centre de consultation sur les troubles alimentaires) ?

Traduction: MyH – 11/2016