Prévention des troubles du comportement alimentaire

En plus d’une saine alimentation et d’une activité physique régulière, une attitude positive contribue également à l’obtention d’un poids corporel sain. (Photo: pixabay.com)

Quel est mon poids corporel idéal? Et qu’en est-il de l’indice de masse corporelle (IMC), peut-on s’y fier? Si mon poids ne se situe pas dans les valeurs «normales» de l’IMC, dois-je consulter mon médecin? Et que peut-on considérer comme un poids dit «normal»?

Aujourd’hui, chacun d’entre nous, ou presque, se pose un jour ou l’autre de telles questions. Pour certaines  personnes, ce questionnement est très préoccupant, pour d’autres moins. Tous ont une idée à ce sujet, qu’il s’agisse de nos proches, amis ou parents, et les médias, bien sûr, font aussi leur part. Mais qu’en est-il en réalité?

Image corporelle saine

Le poids corporel idéal n’est pas déterminé uniquement par l’IMC (indice de masse corporel). En effet, une relation saine à son propre corps compte également parmi les facteurs déterminants.

L’importance d’une image corporelle saine

En plus d’une alimentation saine et équilibrée et d’une activité physique régulière, une attitude positive à l’égard de son propre corps fait également partie des facteurs contribuant à un poids corporel sain. Une saine alimentation ne signifie toutefois pas de se nourrir uniquement de verdure et de grains entiers! (à ce sujet, voir l’article concernant les mythes sur l’alimentation). La diversité et la combinaison des aliments jouent également un rôle déterminant. Rien n’est interdit, même s’il faut savoir ne pas toujours exagérer. Rien de mal à savourer une barre de chocolat, tant qu’elle ne constitue pas le seul aliment de la journée…

Les diètes «santé» comportent souvent de nombreux interdits: pas de graisses, pas de glucides, que des légumes, etc. Les diètes comportant de telles instructions entraînent souvent des crises d’appétit pour les aliments «défendus». Les études démontrent en effet que plus nous renonçons à nos aliments préférés, plus la probabilité de subir une crise de boulimie incontrôlée augmente.

Cette tension intérieure augmente graduellement, et un fort contrôle doit être exercé pour pouvoir réprimer certains sentiments. Lorsqu’une situation de stress survient (et celles-ci sont très fréquentes dans notre société), cette tension peut provoquer des crises de boulimie. Alors commence un cercle vicieux: j’éprouve de la honte pour mes faiblesses, je tente de me contrôler encore plus, et dès qu’une situation de stress se présente à nouveau, on retourne à la case de départ.

La part des médias et du monde de la mode

Les médias, l’industrie et le monde de la mode véhiculent souvent des images voulant refléter le corps idéal, mais celles-ci correspondent rarement à la réalité. Par ailleurs, cette image dite «idéale» fait souvent l’objet de nombreuses retouches: grâce à un maquillage sophistiqué et à l’utilisation de photoshop, il est facile de conférer un look glamour à toute photographie.

Plusieurs d’entre nous investissons une grande part d’énergie à tenter de parvenir à cet idéal de beauté souvent inatteignable. Ceci peut entraîner de nombreuses conséquences fâcheuses, comme ne plus être en mesure de ressentir les besoins manifestés par le corps, ou d’avoir une faible estime de soi. Lorsque, pour compenser pour une faible estime de soi, une personne commence à ne plus se nourrir suffisamment, à faire un usage abusif de laxatifs, à pratiquer le sport de manière excessive et de ne plus sortir avec ses amis, c’est qu’elle est possiblement susceptible de souffrir de troubles alimentaires.

Quelques conseils utiles

Apprends à aimer et apprécier ton corps!

Il n’est pas toujours facile d’apprendre à nous apprécier tels que nous sommes. Accepter son apparence est parfois même très difficile. La vie ne commence pas seulement après avoir maltraité son corps de diètes rigoureuses!

Ne pas nourrir de pensées négatives

Porte ton attention sur ce que tu apprécies le plus de ta personne. Tes cheveux, tes yeux, ta poitrine… Cesse de te rabaisser continuellement. Lorsque quelqu’un te complimente sur une jolie robe que tu portes, tu ne dois pas répondre automatiquement que tes jambes sont trop grosses!

Eviter les excès au centre de fitness

Tu ne vas pas au centre de fitness pour devenir de plus en plus mince, mais plutôt pour améliorer ta condition physique. De nombreuses personnes, cependant, considèrent la condition physique, la santé et la minceur sur un pied d’égalité. Cette présomption n’est toutefois pas fondée. En effet, certaines personnes, très minces, ne se nourrissent que d’aliments malsains, tandis que d’autres, plus enveloppés, peuvent courir un marathon. Ne te soucie donc pas de ce que disent les autres…

Entoure-toi d’énergie positive

Veille à t’entourer d’amis qui savent s’apprécier eux-mêmes et qui ont une image positive de leur corps. Il ne s’agit pas d’être mince, voire de correspondre au standard de beauté habituel. Cherche plutôt des personnes, dans ton entourage, qui ont des choses intéressantes à dire. Essaie d’identifier, parmi les célébrités, quelles sont les personnes qui laissent transparaître une forte estime de soi, même si elles ne correspondent pas à l’idéal de beauté tel que promu par la société.

Humeur dépressive

Il y a des jours où on se sent très bien dans sa peau, et d’autres, où on a l’impression d’être ni belle ni attrayante (les femmes en particulier sont davantage susceptibles aux changements hormonaux). Rappelle-toi qu’il nous arrive à toutes de ne pas toujours se sentir en pleine forme ! Peut-être éprouves-tu une certaine jalousie envers ton amie parce qu’elle est belle et mince, sans savoir qu’elle t’envie pour ta poitrine généreuse…

Est-ce normal ?

Le poids «normal» n’existe pas. L’IMC n’est pas la référence ultime, mais sert plutôt de ligne directrice.

Calcul de l’IMC : le poids divisé par la taille au carré
Exemple : tu mesures 1.70 et pèse 70 kg.
IMC = Poids / Taille2 = 70/ 1.702= 24.20
Une valeur inférieure à 18.50 indique un état de maigreur, tandis qu’une valeur supérieure à 30 indique une situation de surpoids. Entre ces deux valeurs, il existe une grande marge.

Tout comme il n’y a pas de «poids normal», il n’existe pas non plus de comportement alimentaire normal. Il revient à chacun d’entre nous de savoir lorsque nous avons faim et lorsque nous avons suffisamment mangé. En général, trois repas principaux et deux goûters par jour sont considérés comme normal. Entre ces moments, il est bien de penser à autre chose qu’à la nourriture (à moins, bien sûr, d’être cuisinier!). Sans toujours chercher à contrôler notre comportement alimentaire, il faut aussi savoir s’arrêter. Ces deux extrêmes peuvent entraîner des conséquences non désirables : entre maigreur et surpoids, il y a un juste équilibre à trouver.

Une vie sans trouble du comportement alimentaire signifie aussi de pouvoir goûter aux plaisirs de la vie

Texte: Arbeitsgemeinschaft Ess-Störungen (Centre de consultation sur les troubles alimentaires)
Traduction: MyH – 12/2016

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