Suicide: n’existe-t-il aucune issue?

Un homme en pleine réflexion, image en noir et blanc. (Image: Gerd Altmann/pixelio.de)
Aujourd’hui encore, le suicide demeure un sujet tabou. (Image: Gerd Altmann/pixelio.de)

Chaque année, entre 1400 et 1500 personnes s’enlèvent la vie en Suisse. Malgré ces chiffres alarmants, le suicide demeure encore un sujet tabou. Toutefois, parler du suicide représente une véritable bouée de sauvetage pour les personnes nourrissant des pensées suicidaires.

Le thème du suicide est, encore aujourd’hui, un sujet dont on ne parle guère. Le nombre élevé de cas de suicides choque d’autant plus. En Suisse, jusqu‘à trois personnes se suicident chaque jour.

Foncer à toute vitesse dans les arbres

À eux seuls, les chiffres ne révèlent toutefois rien des destins individuels. Il y a dix ans, Anna B.* (nom fictif) ne voyait plus aucune issue. Son mari, alcoolique, défoulait toute sa colère contre elle et leurs deux enfants.

Anna raconte: «Je n’étais plus qu’une épave, je me sentais complètement vide. Alors que j’étais sur l’autoroute, une idée m’est soudainement passée par la tête : détache ta ceinture et fonce à toute allure dans les arbres. Ainsi, plus personne ne pourra plus t’embêter, tu seras enfin tranquille. Mais pour mes enfants, que j’aime par-dessus tout, je me suis empêchée de le faire».

L'ombre d'une personne dans une spirale. (Photo: Gerd Altmann/ pixelio.de)
Trop de pression peut entraîner des pensées suicidaires. (Photo: Gerd Altmann/ pixelio.de)

Lorsque la souffrance devient insupportable

«Une trop grande souffrance peut mener une personne à envisager le suicide», explique le docteur Vladeta Ajdacic-Gross, chercheur-adjoint à la clinique psychiatrique universitaire de Zurich. D’une part, cette pression peut résulter d’événements ou d’épreuves de la vie, tels qu’une séparation, la mort d’un proche ou la perte d’un emploi. «En outre, d’autres charges, chroniques ou persistantes, peuvent également provoquer de grandes souffrances», poursuit-elle.

Dépassée par la situation

Les pensées suicidaires ne mènent pas inévitablement à une tentative de suicide. Lors de situations de stress extrême, il peut arriver qu’une personne se sente soudainement acculée devant un mur.

Caroline (nom fictif) se rappelle une telle situation: «Je me sentais complètement dépassée par ma situation en matière de logement et par ma famille. Je me suis retrouvée sur un pont, et j’ai envisagé de sauter». Elle a cependant décidé de confronter ses problèmes et a sollicité l’aide de ses amis. «Mes amis m’ont offert leur appui inconditionnel et m’ont aidé à réaménager tout mon appartement.»

Savoir demander de l’aide

L’appel au secours que Caroline a lancé auprès de ses amis fut providentiel. «Parler de ses difficultés peut être très libérateur», explique Dr Ajdacic-Gross. Elle recommande ainsi aux proches ou aux amis de tendre une oreille attentive et d’adopter une attitude empathique.

Mais comment les proches doivent-ils aborder une telle situation? «Le fait de nourrir des pensées suicidaires est une raison suffisante pour demander de l’aide professionnelle, sans avoir à s’en cacher ou à se remettre en question», dit Dr Ajdacic-Gross. (Consultez le document "Assistance pour personnes en difficultés et leurs proches", document pdf)  

Nouvelles perspectives

C’est finalement grâce au soutien d’une thérapeute que Caroline a pu retrouver le courage de vivre. «La thérapeute m’a aidée à remettre de l’ordre dans ma vie ainsi que dans mon appartement, et à changer ma façon de voir les choses. La volonté et la capacité de définir les limites ont changé ma vie. Aujourd’hui, ma vie n’est pas toujours que rose, mais j’en suis, la plupart du temps, satisfaite et je me sens même heureuse», raconte Caroline.

Elle tient un journal intime très particulier. «J’y écris de façon consciencieuse tous mes bons souvenirs. Par exemple, des moments de tendresse partagés avec ma mère lorsque j’étais enfant. Lorsque j’ai le sentiment que tout ne s’est pas bien passé au cours de mon enfance, je relis ce que j’ai écrit et sais qu’il y avait également de bons moments».

Texte: MBE - 07/2011

Traduction: MyH 10/2012

Photos: pixelio.de

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