Les causes et éléments déclencheurs de la dépression

Un homme regarde par une fenêtre mouillée par la pluie.
Une dépression non traitée ne se guérit généralement pas sans aide extérieure.

Triste, abattu, épuisé, sans entrain: voici tout autant de manifestations qui caractérisent un état dépressif. Certes, il est normal de parfois nourrir des idées sombres; cependant, si de tels états d’esprit se prolongent, cela peut être révélateur d’une dépression.

La dépression est une maladie mentale qui nécessite d’être prise au sérieux. Un diagnostic précoce ainsi que des thérapies ciblées sont tout autant de moyens permettant de retrouver goût à la vie.

Une personne souffrant d’une dépression se trouve dans un état constant d’abattement, duquel il est normalement très ardu de s’en sortir seul. Cet état se distingue des sentiments plus «habituels» d’épuisement, de découragement et de tristesse, qui se manifestent souvent en réaction à des problèmes concrets. Chacun d’entre nous peut vivre de tels «creux», qui se dissipent souvent une fois l’événement déclencheur surmonté ou dépassé.

Cependant, une dépression non traitée ne disparaît généralement pas d’elle-même. Elle peut être provoquée par diverses causes et peut ne pas être liée à des circonstances ou événements externes.

Divers facteurs peuvent mener à une dépression

Dans la plupart des cas, plusieurs facteurs sont à l’origine d’une dépression. Les facteurs physiques et génétiques entrent en interaction avec des déclencheurs de nature psychique et psychosociale et s’intensifient mutuellement. En raison de l’interaction très complexe de divers déclencheurs, il ne peut donc y avoir de «dépression typique» ou de «dépressif typique».

Parmi les causes d’origine biologique, les facteurs génétiques viennent en premier lieu: en effet, certains gènes sont liés à un risque de dépression plus élevé. Une personne ayant hérité de tels gènes est plus susceptible de développer une dépression qu’une autre dotée d’une constitution plus solide.

Les causes peuvent aussi être liées à des déclencheurs de nature physique, tel qu’un déséquilibre du métabolisme cérébral, provoquant ainsi une insuffisance de la sérotonine et/ou de la noradrénaline. Un déséquilibre de ces neurotransmetteurs entraîne un dysfonctionnement cérébral et entrave la capacité des neurones de transmettre des impulsions. La personne peut éprouver des difficultés à percevoir les sensations; les pensées et sentiments ne sont plus les mêmes.

Une ampoule électrique pend au bout d'un câble.
Une baisse d’humeur ressentie au cours des mois les plus sombres peut révéler une dépression hivernale.

La maladie, élément déclencheur de la dépression

La dépression peut aussi être causée en partie par la maladie, qu’il s’agisse d’une tumeur, de lésions cérébrales, d’un accident vasculaire cérébral ou de troubles hormonaux. Il n’est pas toujours possible de déterminer avec certitude si la dépression, dans de tels cas, est liée à la maladie, ou si elle en est la cause. Une interaction de facteurs physiques, psychiques, et psychosociaux est souvent à l’origine d’une dépression. Des symptômes physiques tels que fatigue, migraines ou troubles du sommeil, sont fréquents. D’autres symptômes, tels troubles gastro-intestinaux, manque d’appétit ou altérations cutanées, peuvent également se manifester.

La réaction au stress constitue un autre élément important. Des études démontrent que le stress chronique, un trauma psychique aigu ou une maladie infectieuse entraînent une augmentation de la sécrétion de cortisol. Une concentration élevée de cette hormone du stress peut entraîner des modifications du comportement, tels que troubles de concentration, du sommeil ou de l’appétit, perte de libido, ou anxiété. Ces diverses altérations du comportement sont également caractéristiques de la dépression. Selon les experts, un déséquilibre du cortisol est lié en grande partie à la prédisposition génétique d’un individu. Reste encore à déterminer si cela est dû à un apprentissage lacunaire de la gestion du stress, des crises et des problèmes, ou si certaines prédispositions génétiques favoriseraient l’apparition de la maladie.

Un changement des conditions de vie peut entraîner une dépression

Un événement dramatique, peut-être lié à un changement de rôle ou à une perte importante, peut favoriser le risque de souffrir d’une dépression: des événements tragiques ayant eu lieu au cours de l’enfance, la perte d’un être cher, des situations d’abus, de violence ou de négligence émotionnelle. Le départ à la retraite (en particulier s’il est forcé ou anticipé), la naissance d’un enfant, le harcèlement sur les lieux du travail ou la perte du réseau social à la suite d’un accident, ainsi que les conflits au sein de la famille ou d’un cercle d’amis, peuvent tous contribuer à l’émergence de symptômes dépressifs.

Des traits de caractères tels que le désir extrême de performer, un sens aigu des responsabilités ou une personnalité perfectionniste, peuvent également augmenter le risque de dépression.

Au cours des mois pauvres en lumière, un état d’humeur plus sombre peut révéler une dépression hivernale. Celle-ci est caractérisée par des états de fatigue et de lassitude plutôt que par une tristesse constante. D’autres symptômes typiques d’un tel épisode peuvent être un appétit prononcé pour des aliments riches en calories ou un besoin accru de sommeil.

Dépression et maladies du métabolisme

Certaines maladies métaboliques, telles que le diabète, les troubles fonctionnels de la thyroïde, les maladies neurologiques telles le parkinson ou la démence, sont souvent accompagnées d’épisodes dépressifs. Les maladies infectieuses, telles une pneumonie ou une maladie cardiaque, peuvent également entraîner des conséquences sur la santé mentale.

Les personnes âgées sont particulièrement susceptibles de souffrir de troubles dépressifs. Un changement radical des conditions de vie, la maladie ou les médicaments, exercent souvent une influence substantielle sur l’état d’esprit des personnes vieillissantes.

Certains médicaments peuvent aussi occasionner des changements d’humeur. Il s’agit en général des somnifères, des médicaments pour les troubles cardio-vasculaires, ou des médicaments utilisés pour traiter les allergies. Enfin, les personnes  alcooliques ou toxicomanes développent souvent des symptômes dépressifs de façon durable.

Texte: Helga Grafe 07/2015
Traduction: MyH 07/2015

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