Le burnout: causes, symptômes et traitement

Une horloge montre 11:55.
Le burnout, un état d’épuisement qui ne s’améliore pas. (pixelio.de/Gerd Altmann)

Au cours des dernières années, le syndrome du burnout a suscité beaucoup d’attention. Le burnout, ou syndrome d’épuisement professionnel, n’est pas une maladie à proprement parler, si l’on s’en tient à une définition rigoureuse du mot «maladie». Les symptômes sont parfois difficiles à définir et varient d’une personne à l’autre.  Il n’en reste pas moins qu’un nombre grandissant de personnes subissent un burnout.  

Nombreuses sont les personnes qui ont souffert du burnout. Cette réalité contribue à en faire un thème de société préoccupant, dans une société touchée de plus en plus par des cas de burnout, de dépression et d’épuisement, ce qui n’est pas sans conséquence pour le marché du travail, le secteur de la santé ainsi que l’assurance-invalidité.    

De plus en plus de troubles psychiques

En Allemagne, le rapport sur la santé 2010, publié par la caisse-maladie DAK, fait état du nombre grandissant de troubles psychiques. Entre 1998 et 2009, le chiffre est passé de 6.6 % à 10.8 %, ce qui en fait présentement la quatrième maladie la plus fréquente, pour une moyenne d’absence d’environ 28 jours  par année.

Depuis 1990, les congés de maladie en raison de troubles psychiques ont presque doublé. En 2009, 38 % des retraites préventives ont été prescrites en raison de ces mêmes troubles. 

En Suisse, les maladies psychiques sont de loin la cause la plus fréquente des rentes d’invalidité dues à la maladie. Entre 1998 et 2007, ces cas ont presque doublé. Selon l’étude du SECO « Les coûts du stress en Suisse », les frais médicaux et les coûts engendrés par les absences au travail dues au stress s’élevaient à plus de 4 milliards de francs il y a dix ans.

Diagnostic difficile

Aujourd’hui, dès qu’il est question de troubles psychiques, on en vient rapidement à parler de burnout. Ce mot, simple et évocateur, suscite aussi beaucoup de critiques ; cette maladie ne serait qu’un phénomène des temps modernes. Pour ces raisons, le diagnostic d’une telle maladie, qui n’en est pas véritablement une, reste difficile à établir.

La Classification internationale des maladies définit le terme « burnout », sans toutefois le classifier comme une maladie, mais plutôt comme un état, appartenant à la catégorie « Problèmes liés aux difficultés à faire face à la vie ».

Prise floue de voyageurs avec leurs trolleys.
La vie privée et professionnelle, de plus en plus agitée, entraîne des conséquences non négligeables. (pixelio.de/Rainer Sturm)

Définition scientifique

Herbert J. Freudenberger, psychanalyste allemand-américain décédé en 1999, fût le premier à définir le terme « burnout », qui est apparu pour la première fois dans une publication dans les années 70.

Freudenberger considère le burnout comme un état d’épuisement et de frustration, provoqué par des attentes irréalistes. Il définit cet état comme une usure de l’énergie, un épuisement dû aux exigences, qu’elles soient imposées par l’individu lui-même ou par son entourage, la famille, le travail, les amis, le conjoint, le système de valeurs ou encore la société en général.
Le burnout représente un état émotionnel qui s’accompagne d’un stress intense et exerce un effet négatif sur la motivation, l’attitude et le comportement.

Beaucoup plus qu’une « maladie de manager »

Le burnout est associé d’abord et avant tout à une intensification du monde du travail et aux exigences d’une société mondialisée, et a longtemps été décrit comme une « maladie de manager ». À la base, chaque individu a sa propre façon de gérer le stress. Les statistiques démontrent toutefois que le burnout est beaucoup plus qu’une « maladie de manager ».

De plus en plus de personnes font face à une surcharge de travail, qu’elles doivent effectuer sous pression et avec toujours plus de responsabilités, tout en bénéficiant de moins de soutien, devant parfois subir de l’intimidation voire risquer de perdre leur poste.

Personne n’est à l’abri d’un tel événement ; ceux dont le travail implique beaucoup de relations interpersonnelles, tels que directeurs, enseignants, médecins ou infirmières y sont particulièrement exposés.    

À cela s’ajoute la pression occasionnée par une disponibilité en tout temps telle que permise par les mails, smartphones, tablettes, etc., et qui nécessite une bonne gestion. 

Ce phénomène touche principalement les femmes. Celles-ci doivent souvent partager leur emploi du temps entre travail et vie familiale, en plus de gérer les exigences qu’elles s’imposent à elles-mêmes, ce qui les rend plus vulnérables.