Troubles de l'audition: sourds et malentendants

Une jeune femme se ferme les oreilles avec les mains.
Tous les troubles de l’audition ne sont pas égaux. Il existe plusieurs degrés de surdité. (Photo: Benjamin Thorn/pixelio.de)

Une personne atteinte de troubles de l’audition ne peut entendre de façon normale. Parmi les différents troubles de l’ouïe, on distingue entre divers degrés de perte d’audition.

Selon les estimations, on compte en Suisse plus d’un million de personnes atteintes d’un trouble de l’ouïe, tandis qu’environ 10 000 personnes sont atteintes d’une surdité totale.

Ces chiffres soulignent le fait que tous les troubles de l’audition ne sont pas égaux. D’une légère perte de l’ouïe, tel qu’il est souvent le cas chez les personnes âgées, jusqu’à la surdité totale, il existe de nombreux degrés d’atteinte.    

Les troubles de l’ouïe, du point de vue de la médecine

Du point de vue de la médecine (oto-rhino-laryngologie) ou de l’audiologie, il existe de nombreux degrés de surdité, en fonction de l’audition résiduelle, aussi appelée gamme de fréquence audible moyenne. La perte de l’ouïe sera déterminée à l’aide d’un audiogramme selon les différentes fréquences de tonalité.

  • Sous malentendant, on parle d’une perte moyenne de l’audition d’environ 50 décibels (dB). Il peut s’agir d’une surdité légère (perte auditive de 20 à 40 dB) ou sévère (perte auditive de 60 à 80 dB).
  • L’audition résiduelle se définie comme une perte auditive à partir de 90 dB. À ce moment il est question d’une surdité quasi-totale.
  • On est considéré sourd ou malentendant  lorsque la perte auditive atteint plus de 120 dB.

Afin de permettre une comparaison, le tic tac d’une montre correspond environ à 20 décibels, tandis qu’une discussion normale se situe à environ 55 décibels. Le trafic de la route fait près de 75 décibels et un klaxon en fait 110.

Parmi les personnes atteintes de surdité, on compte aussi celles qui sont devenues sourdes au cours de leur vie. Indépendamment de leur degré de surdité, ceux-ci sont considéré séparément, lorsque la perte auditive s’est effectuée après l’acquisition de la langue, ce qui signifie en général après l’âge de trois ans. Ces personnes avaient donc appris la langue d’une façon normale. Cette distinction est importante pour un apprentissage précoce du langage.

Deux enfants malentendants se parlent en langue des signes.
La langue des signes est utilisée par de nombreuses personnes malentendantes. (Photo: www.kestner.de)

Aides pour malentendants

Les progrès en médecine permettent de compenser, du moins en partie, une perte d’audition. Le moyen le plus courant est l’appareil auditif. Selon le degré d’atteinte, un appareil auditif, moderne et digital, peut permettre de compenser une perte d’audition de plus de 50 décibels.

L’implant cochléaire est une prothèse placée à l’intérieur de l’oreille, qui permet de relier des électrodes à la cochlée. Cette opération promet une meilleure perception de fréquences audibles.

Il existe en outre de nombreux moyens auxiliaires en mesure de transformer des signaux acoustiques en signaux visuels ou tactiles, permettant ainsi de les rendre accessibles aux personnes malentendantes, par exemple la signalisation visuelle, les réveils ou le sous-titrage.

Les personnes malentendantes qui communiquent en langue des signes peuvent faire appel à un interprète, lorsqu’ils doivent communiquer avec des personnes ne connaissant pas cette langue. Une autre alternative est de solliciter un service de traduction, qui reproduit simultanément le langage parlé en langage écrit. En Suisse, l’organisation procom Services d’interprètes met à votre disposition des interprètes pour la langue des signes.  

Les causes de la surdité

La surdité peut résulter d’une prédisposition génétique, héritée d’une génération à l’autre. Cette catégorie ne constitue toutefois qu’un faible pourcentage des personnes  malentendantes. Selon Pro Audito Suisse, une organisation au service des personnes atteintes de troubles de l’audition, environ 1 à 2 ‰ des enfants naissent sourds. 

Un trouble de l’ouïe est plus souvent le résultat d’une maladie, soit pendant la grossesse ou suivant la naissance. Par exemple, la rubéole, contractée pendant la grossesse, peut entraîner la surdité. Un manque d’oxygène ou tout autre traumatisme pendant l’accouchement peuvent également entraîner des troubles de l’audition. 

La méningite, la scarlatine ou les oreillons sont parfois aussi en cause, ainsi que des séquelles dues à des médicaments. L’association « Verein zur Förderung der Gebärdensprache bei Kindern » s’engage pour ces enfants et propose de multiples articles et informations. Pour la Suisse Romande, veuillez consulter la Fédération Suisse des Sourds.

La perspective culturelle

De nombreuses personnes malentendantes ne se considèrent pas en premier lieu comme étant atteintes de troubles de l’audition, mais plutôt comme faisant partie d’une minorité linguistique et culturelle. La langue des signes constitue l’élément qui les unit.

En Suisse alémanique, on utilise la langue des signes suisse-allemande (DSGS), qui compte cinq dialectes (zurichois, bâlois, bernois, lucernois et saint-gallois) et qui se distingue selon la région ou l’école de langue des signes à laquelle elle adhère. Il existe en Suisse de différentes variantes de cette langue. En Romandie, on retrouve la langue des signes française (LSF), la langue des signes de la Suisse Romande (LSSR), et au Tessin la langue des signes italienne.

La bonne appellation

Certaines personnes malentendantes préfèrent l’expression «sourd» plutôt que «malentendant», ce dernier soulignant le déficit de façon plus marquée. Le terme «sourd-muet» est absolument à proscrire, puisqu’il suggère le mutisme, qui se réfère à l’incapacité de s’exprimer. Cette expression est considérée comme péjorative par la majorité des personnes malentendantes.

Texte: Thomas Mitterhuber – 01/2013
Traduction: MyH - 04/2013
Photo: pixelio.de, kestner.de

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