Troubles et maladies de l’intestin

Un homme âgé est assis dans son fauteuil roulant, seul sur une terrasse.
Les maladies intestinales peuvent provoquer des problèmes d’odeurs et mener à l’isolement. (angelsami/pixelio.de)

Les maladies intestinales sont encore un sujet tabou: en effet, de nombreuses personnes touchées par de tels troubles hésitent à consulter un médecin et à parler de leurs problèmes de santé.

Les troubles de l’intestin sont considérés comme une maladie moderne et sont souvent associées à des handicaps d’ordre neurogène tels que la paraplégie, le spina bifida ou la sclérose en plaques. En conséquence de troubles intestinaux, voire de troubles des organes excréteurs, il en résulte souvent des troubles d’incontinence ou de constipation.

Selon l’hôpital de la Charité de Berlin, environ 1.5 million de personnes en Allemagne souffrent d’incontinence intestinale. Toutefois, ces chiffres ne révèlent pas l’ampleur de la situation. D’autres sources évoquent des chiffres beaucoup plus élevés. Cela est dû en grande partie au fait qu’il s’agisse encore d’un sujet tabou.

Graves restrictions dans toutes les sphères de la vie quotidienne

Ilona, 51 ans, a été victime d’un accident de travail qui a causé des dommages à sa colonne vertébrale ainsi qu’une blessure au coccyx. Parmi de multiples séquelles, elle s’en est retrouvée avec une paralysie de l’intestin. «Cette paralysie a entraîné de graves restrictions dans ma vie de tous les jours», explique-t-elle. Elle ne peut plus exercer ni sport, ni activité professionnelle.

«En public, cela donne souvent lieu à des moments gênants, en particulier pour les personnes qui ne me connaissent pas et qui doivent subir les bruits et les odeurs provoquées par mes troubles intestinaux», poursuit-elle. «C’est pourquoi je préfère rester avec les personnes qui me sont proches.» Au quotidien, elle utilise des couches ou des protections pour l’incontinence. «Il est important d’effectuer des examens sur une base régulière et de porter une attention particulière aux soins hygiéniques et corporels», ajoute-t-elle.

Moyens auxiliaires

Lorsque les troubles intestinaux ne sont pas traités, cela peut donner suite à de nombreux problèmes. L’incontinence intestinale, par exemple, est dominée par des problèmes d’odeurs, qui peuvent chez un enfant mener à l’exclusion. Les personnes souffrant de constipation sont plus susceptibles à contracter une  infection des voies urinaires ou à se sentir rapidement épuisé. «Cela ne représente qu’une partie des conséquences possibles», explique Dietmar Hegeholz, spécialiste chez Coloplast. «Il en existe une longue liste».

Equipement pour une stomie, transparent. (Photo: Coloplast)
Une stomie compte parmi les solutions envisageables dans les cas d’incontinence. (Photo: Coloplast)

Dr. Heinz Süsstrunk, spécialiste, explique: «En ce qui concerne les troubles de l’intestin, les plaintes les plus fréquentes sont les douleurs au ventre, aigües ou chroniques, l’acidité gastrique, le reflux d’acide gastrique dans l’œsophage, les vomissements forcés, les nausées ou les ballonnements.» Heinz Süsstrunk a lui-même été atteint d’un cancer du côlon, conséquence possible de son diabète. «Aujourd’hui, j’alterne entre la diarrhée et la constipation», poursuit-il. En outre, sa jambe a dû être amputée en raison des conséquences de la chimiothérapie, qui avait entraîné des problèmes d’irrigation sanguine.

Diverses manifestations des troubles de l’intestin

Dietmar Hegeholz estime qu’être adéquatement équipé en moyens auxiliaires est essentiel pour permettre un cadre social acceptable et éviter l’isolement. «Un diagnostic global ainsi qu’une thérapie adaptée individuellement sont tout aussi importants. Cela constitue le seul moyen raisonnable pour éviter les contraintes», explique-t-il. En plus des moyens auxiliaires, des mesures médicales, telles qu’un traitement à la cortisone, ou opératives, telles qu’une stomie, peuvent aussi offrir des solutions envisageables.

A ce sujet, Dietmar Hegeholz explique: «Un tel patient peut envisager une opération telle qu’une stomie, tandis qu’un autre la refusera, en raison de l’intervention à subir. Il existe de nombreuses options, mais le choix pour l’une ou l’autre d’entre elles doit être basé sur des critères individuels». C’est pourquoi il est essentiel d’aborder ce sujet le plus largement possible.

Tout aussi handicapant: maladie inflammatoire de l’intestin

Même s’il ne s’agit pas de troubles de l’intestin à proprement parler, les maladies inflammatoires de l’intestin n’en sont pas moins gênantes pour les personnes concernées. Les deux formes les plus fréquentes sont la maladie de Crohn ainsi que la rectocolite hémorragique (RCH).

J. B., 49 ans, est médecin et statisticien, et travaille pour une grande compagnie d’assurances en tant que conseiller et expert. Deux mois après avoir cessé de fumer, à l’âge de 24 ans, il a constaté du sang dans ses selles. En consultant la littérature médicale à ce sujet et en découvrant d’autres cas similaires, il s’est mis à suspecter un cas de rectocolite hémorragique, et s’est remis à fumer. Les troubles ont disparu peu de temps après.

La cigarette contre la rectocolite hémorragique

«Deux ans plus tard, j’ai à nouveau cessé de fumer, à la suite de quoi les symptômes se sont aggravés: je devais me rendre de 10-20 fois par jour à la toilette», raconte-il. Une coloscopie a permis d’établir le diagnostic: une rectocolite hémorragique en stade avancé. J.B. ne pouvait à peine sortir de chez lui. Plus tard, il a tenté un traitement de cortisone, ainsi qu’un traitement d’acuponcture, sans grand résultat.

Une naturothérapeute lui a suggéré de porter soin à son alimentation et d’éventuellement effectuer des changements; ceci, à l’encontre de la médecine conventionnelle, qui proclame que l’alimentation n’exerce aucune influence dans le cas de maladies inflammatoires de l’intestin. Par hasard, il a découvert que le gluten était en cause. «Depuis que j’ai exclu le gluten et le thé noir de mon alimentation, je ne souffre plus de ces symptômes», explique-t-il.

Il est important de pouvoir discuter ouvertement avec son médecin ou spécialistes. (Photo: Coloplast)

Prendre la responsabilité de son propre corps

J.B. sait cependant que les préparations à base d’acide salicylique peuvent aussi être utiles dans le cas d’une rectocolite hémorragique. « Cela fonctionne souvent très bien, et en plus il existe aussi la possibilité d’un traitement à la cortisone », poursuit-il. Il préfère toutefois recommander aux patients de prendre la responsabilité de leur propre corps. «Faire attention à son alimentation, à ce que le corps tolère bien et ce qu’il tolère moins bien. Il faut être patient, car quelques semaines peuvent passer avant que le corps ne réagisse.»

L’exemple de J.B. démontre qu’il n’existe pas de solution générale, valable pour tous, aux troubles et maladies de l’intestin. Ce qui peut être utile à l’un ne le sera pas pour un autre.

Peut-on prévenir ces problèmes ?

Dr. Heinz Süsstrunk recommande d’effectuer une coloscopie à tous les deux ans; en effet, le risque d’un cancer du côlon augmente à partir de l’âge de 35 ans. «Prenez l’habitude de moins vous stresser», suggère-t-il. «Dès que les symptômes apparaissent, tels que troubles intestinaux, perte de poids, changement de la coloration de la peau, consultez votre médecin. N’hésitez pas à solliciter une deuxième opinion, si vous n’êtes pas satisfait.»

Dietmar Hegeholz quant à lui souligne l’importance de réagir dès l’apparition des premiers symptômes. Il n’est pas rare que les patients consultent leur médecin après avoir attendu trop longtemps. «Profitez de l’offre de MyHandicap! le premier pas est déjà fait.»

Pour plus d’informations, les personnes atteintes peuvent aussi consulter le site d’ILCO.

Texte: TMI - 12/2010
Traduction: MyH – 08/2014
Photos: pixelio.de, Coloplast

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