Sclérose en plaques: l’importance d’une saine alimentation

Malgré la SEP, personne ne doit renoncer à se faire plaisir. (Maren Beßler/pixelio.de)
Un steak de dinde, servi avec des tomates-cerises sur un lit de salade. (Maren Beßler/pixelio.de)

De nombreux chercheurs se sont penchés sur l’influence de l’alimentation sur l’évolution de la sclérose en plaques. Toutefois, il n’existe à ce jour aucune preuve démontrant qu’une diète précise puissent prévenir la maladie, voire freiner son développement. Il apparaît cependant évident qu’une alimentation saine et équilibrée favorise le sentiment de bien-être et améliore la condition générale du patient.

Les personnes atteintes de sclérose en plaques se voient confrontées à de nombreux  problèmes et difficultés. La question relative à l’alimentation est toutefois souvent négligée. A tort, car même si les preuves scientifiques ne sont pas suffisantes, tout porte à croire qu’une saine alimentation exerce une influence positive sur l’évolution de la maladie.

Soutenir les processus du corps

Aucune promesse de guérison de la SEP basée sur l’alimentation ne peut être prise au sérieux. Toutefois, une alimentation saine et équilibrée favorise les ressources personnelles du patient, stabilise son système immunitaire, améliore le métabolisme, contribue à empêcher la prise de poids, en plus d’être essentielle pour un sentiment de bien-être général. En contrepartie, de mauvaises habitudes alimentaires peuvent avoir un impact négatif sur l’évolution de la maladie.

Une assiette remplie de fruits: raisins, bananes, pommes et abricots. (Rita Gäbel/ pixelio.de)
« 5 par jour »: Les fruits constituent une part importante d’une alimentation saine et équilibrée. (Rita Gäbel/pixelio.de)

Solliciter l’avis des experts

Avant d’adopter une diète précise, les personnes atteintes de sclérose en plaques sont conseillées de faire preuve de prudence et de vérifier attentivement en quoi cette diète consiste. De nombreuses diètes comportent le risque de fournir un apport insuffisant en vitamines et en minéraux.  Un changement d’habitudes alimentaires devrait être supervisé par un diététicien, en mesure d’évaluer quels aliments sont favorables et à quoi porter attention dans le choix des aliments et dans la préparation.

10 règles pour une alimentation saine et équilibrée

Une alimentation saine et équilibrée garantit un apport naturel en vitamines, minéraux, oligo-éléments et matières végétales secondaires. La Société suisse de SEP propose les recommandations suivantes:
•    Réduire la consommation de lipides (attention à la charcuterie)
•    Consommer de la viande seulement deux fois par semaine (et privilégier les viandes maigres telles que le veau, le bœuf ou l’agneau)
•    Consommer cinq portions de fruits ou légumes par jour (surtout des légumes verts à feuilles ou de la salade verte)
•    Consommer du poisson deux à trois fois par semaine
•    Remplacer la viande par du soja et du tofu
•    Consommer des légumineuses, tels que des lentilles et des pois chiches
•    Utiliser de «bonnes» huiles: huile d’olive, huile de colza, beurre à tartiner
•    Eviter les huiles suivantes: huile de tournesol, huile de germes de maïs, huile de carthame et huile de pépin de raisin, margarine produite à partir de ces huiles
•    Boire en quantités suffisantes (2 à 2,5 litres par jour)

Réduire la consommation d’acide arachidonique

Les gras alimentaires sont réputés pour favoriser les processus inflammatoires. En particulier l’acide arachidonique, présente seulement dans les graisses d’origine animale, sont propices au développement d’inflammations. Une alimentation lacto-végétarienne réduit quant à elle l’apport en acide arachidonique, ce qui entraîne une diminution de la formation de substances inflammatoires dans l’organisme.

Les personnes atteintes de SEP sont conseillées de réduire autant que possible la consommation d’acide arachidonique. Cela signifie, dans l’alimentation quotidienne, d’éviter la viande, les charcuteries, les œufs et autres produits d’origine animale. Les aliments d’origine végétale, ne contenant pas d’acide arachidonique, sont particulièrement recommandés aux personnes atteintes de SEP, entre autres les huiles de colza, d’olive ou de soja.

Le poisson: effet inhibiteur sur les réactions inflammatoires

L'acide eicosapentaénoïque (EPA), un acide gras polyinsaturé, possède également des qualités inhibitoires sur les réactions inflammatoires. En particulier, le poisson contient beaucoup d’EPA et de vitamine D, mais de très faibles quantités d’acide arachidonique.

L’amidon est aussi un élément nutritif important. Les aliments riches en amidon et en protéines végétales de qualité ne contiennent pas d’acide arachidonique. Les spécialistes en nutrition recommandent de consommer, à tous les repas, des céréales (seigle, orge, millet, épeautre), des tubercules (pommes de terre, manioc), ou des légumineuses (pois, fèves, lentilles), ou autres aliments à base de ces produits.

Filets de saumon au four (zora120875/pixelio.de)
Le poisson, tel que le saumon, occupe une place importante dans l’alimentation des personnes atteintes de SEP. (zora120875/pixelio.de)

Des fibres contre la constipation

Les personnes atteintes de SEP souffrent souvent de constipation, souvent provoquée par des troubles neurogènes de l’intestin ainsi que par une diminution de la mobilité. Une alimentation équilibrée peut dans un tel cas contribuer à soulager les problèmes de constipation. Les fibres jouent un rôle important. Elles sont présentes entre autres dans les céréales, les fruits et légumes et les légumineuses.

En outre, il est aussi important de consommer des quantités suffisantes de liquide, de 1.5 l à 2l, réparties sur la journée. Les boissons pauvres en calories sont particulièrement recommandées, telles que l’eau minérale, riche en calcium, ou tisanes non sucrées.

Ne pas renoncer au plaisir

Il est également très important de s’accorder suffisamment de temps pour les repas, de bien mastiquer et surtout, d’y prendre plaisir. Se nourrir signifie beaucoup plus que simplement ingérer la nourriture. Manger est un plaisir, que l’on aime partager avec la famille et les amis, et qui reflète la joie de vivre.

L’idée préconçue, selon laquelle une saine alimentation ne serait pas source de plaisir, n’est bien sûr pas justifiée. En fait, c’est le contraire qui est vrai. Privilégier la qualité des aliments est avantageux, pour la santé et pour le plaisir.

Texte: Patrick Gunti – 12/2012
Traduction : MyH – 12/2014
Photos: pixelio.de

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