Rayonnement UV – indispensable mais rapidement dangereux!

Même si le rayonnement solaire a un rôle prépondérant pour la production de vitamine D, les bains de soleil prolongés sont déconseillés. (Photo: pixabay.com)

La mélancolie de l’hiver sombre dans l’oubli lorsque le corps et l’esprit baignent dans la lumière et la chaleur. La majorité des personnes se sentent ainsi de bien meilleure humeur et bien plus performantes en été. C’est en partie dû à l’effet du ciel bleu sur la rétine qui indique qu’il faut inhiber la production de la mélatonine, l’hormone «du sommeil», et favoriser celle du cortisol, l’hormone qui stimule.

Le soleil est aussi l’ami du psychisme. Sa lumière active la sérotonine, l’«hormone du bonheur». Mais il stimule avant tout la synthèse de vitamine D, très importante pour la formation osseuse et la force musculaire.

La vitamine du soleil

Il est connu depuis longtemps que la vitamine D, la vitamine du soleil, a des propriétés essentielles pour la vie. Dans les intestins, elle favorise ainsi la résorption du calcium, à partir des laitages entre autres, le minéral d’une si grande importance pour les os et les dents.

Le Dr Christoph Merlo, spécialiste FMH en médecine interne, Lucerne, a participé à une étude récompensée d’un prix. Cette étude a recensé chez près de 1600 patients de médecins de famille les symptômes dus à un déficit en vitamine D. «Plus la carence était profonde, plus les participants présentaient une faiblesse musculaire marquée, en partie aussi une fatigue», rapporte le Dr Merlo.

Sous l’effet des UV, la production de vitamine D est assurée à 90 % par la synthèse cutanée. L’alimentation ne fournit par conséquent que 10 %. «Une alimentation équilibrée ne suffit donc pas à assurer seule un apport suffisant. Le soleil est aussi nécessaire», explique le médecin lucernois. Selon le Dr Merlo, la valeur optimale est de 75 nmol/l. Une valeur inférieure à 50 nmol/l définit une carence en vitamine D. «Ce sont avant tout les pensionnaires d’établissements pour personnes âgées, qui ne sortent pratiquement plus, qui ont parfois des valeurs très basses», rapporte l’expert sur la base de son expérience.

L’étude a aussi montré que ce sont les participants ayant un indice de masse corporelle élevé qui ont les taux de vitamine D les plus bas. Plus l’excès pondéral est important, plus le taux est bas. La saison joue toutefois un rôle particulièrement important. Ainsi, 45 % des personnes concernées avaient une carence en vitamine D à la fin de l’été, alors qu’elles étaient 70 % à la fin de l’hiver. «Cette différence considérable s’explique par le fait que pendant la saison froide le soleil est tellement bas à l’horizon que seule une faible quantité des rayons UV atteint la surface cutanée», précise le Dr Merlo. Il recommande à tous, jeunes et vieux, de prendre de la vitamine D sous forme de gouttes.

La part d'ombre du soleil

Même si le rayonnement solaire a un rôle prépondérant pour la production de vitamine D, le Dr Christoph Merlo déconseille les bains de soleil prolongés.

«Qui s’expose une demi-heure au soleil habillé normalement reçoit une dose de rayonnements suffisante pour la journée», souligne-t-il. Il rejoint le Pr Günther Hofbauer, médecin-chef, service de dermatologie, hôpitaux universitaires de Zurich, pour dire: «En été, il faut éviter de s’exposer au soleil entre 11 et 15 heures, là où il est le plus haut. Les baignades, faire les courses, les promenades et les activités sportives devraient impérativement être reportées aux heures marginales du matin ou de la fin de l’après-midi.»

Ceux qui ne veulent pas entendre raison le paieront par un coup de soleil à brève échéance. Les conséquences peuvent même aller jusqu’à l’insolation – une «surchauffe» de l’organisme – qui s’accompagne de céphalées (maux de tête), vertiges, nausées et vomissements. Pour ceux qui n’habituent pas progressivement leur peau au soleil, la sanction peut être une allergie au soleil. La peau réagit alors à la sollicitation excessive par une éruption cutanée accompagnée de vives démangeaisons (prurit).

L’accumulation des lésions cutanées due à une exposition des années au soleil se traduit par une peau fine ayant perdu de son élasticité et marquée de taches (vieillissement cutané photo-induit). Et qui voudrait faire plus que son âge?

D’autres conséquences peuvent être plus sévères. En Suisse, près de 16 000 personnes développent chaque année un carcinome baso-cellulaire, le plus fréquent des carcinomes cutanés non mélanome, selon le Pr Hofbauer; et ces chiffres sont en augmentation! La principale cause en est l’exposition excessive au soleil. Parmi les près de 2450 nouveaux cas annuels de mélanome, près d’un cinquième est à attribuer à des lésions chroniques photo-induites. «Recherchez l’ombre!» recommande par conséquent la Ligue suisse contre le cancer dans sa campagne de prévention «Unis contre le cancer». Par ailleurs, il ne faut pas non plus sous-estimer le rayonnement solaire par temps couvert. Ainsi, un temps nuageux n’empêchera pas jusqu’à 80 % du rayonnement nocif d’atteindre la surface terrestre.

Outre porter des vêtements et rester à l’ombre, une crème solaire appropriée a toute son importance pour une protection optimale contre les effets du soleil. (Photo: pixabay.com)

Un idéal de beauté malsain

Un hâle ou un bronzage plus prononcé est objet de désir en été. Mais cet idéal de beauté est de plus en plus battu en brèche par les risques liés au rayonnement UV délétère parallèlement à la diminution de la couche d’ozone.

Ceux qui pensent que le bronzage est un signe manifeste de bonne santé et de loisirs réussis ont tort. Selon le Pr Hofbauer: «La peau brunit en réaction aux lésions causées par le rayonnement UV. Le bronzage est une réaction de défense de l’organisme, au même titre que la fièvre en cas d’infection.»

Plus généralement, le dermatologue recommande de se découvrir le moins possible. «Les paysans siciliens portent par tradition des habits noirs, même en été, et un chapeau à large bords pour sortir. Ils s’adaptent – comme toutes les populations qui savent vivre en accord avec la nature – de façon optimale à leur environnement», précise le dermatologue.

La peau «n'oublie» pas!

À ceux qui voudraient malgré tout arborer un «hâle seyant», il propose de recourir aux autobronzants et à la douche autobronzante (tanning). Outre porter des vêtements et rester à l’ombre, une crème solaire appropriée a toute son importance. Il faut être très attentif à l’indice de protection solaire mentionné sur le produit. Selon le Pr Hofbauer:
«L’indice de protection – qui indique la protection qu’offre une crème solaire, c.-à-d. le temps qu’on peut passer au soleil sans coup de soleil – ne permet de s’exposer que le quart du temps indiqué en cas d’utilisation normale». Il recommande par conséquent par principe les produits ayant l’indice maximal de 50.

La peau «n’oublie» jamais une exposition excessive aux UVA et UVB. Le Pr Günther Hofbauer en conclut: «Je recommande à tous d’éviter si possible de passer les moments les plus chauds de la journée en plein air, d’appliquer des crèmes solaires et de porter des vêtements qui protègent bien. Ceux qui veulent prendre soin de leur santé et de leur apparence à un âge plus avancé ne manqueront pas d’agir dans leur intérêt.»

Texte: Ursula Burgherr / Tribune médicale public 3/2016

POUR BRONZER INTELLIGENT

Attention: renouveler l’application de crème solaire ne permet pas de retarder l’apparition d’un coup de soleil. Une nouvelle application sera toutefois bienvenue après la baignade en particulier.

- Le bronzage n’est pas un signe de santé, mais celui de lésions cutanées.

- Être bronzé n’est en aucune façon une raison pour passer à un indice de protection solaire inférieur. La peau doit en permanence être protégée par un indice de protection élevé – si possible d’une valeur de 50.

- Gare! Être à l’ombre n’exclut pas les coups de soleil, d’où la nécessité permanente d’une application de crème solaire.

- Les bains de soleil prolongés ne renforcent pas le système immunitaire, ils l’affaiblissent.

- Le spécialiste recommande:
« Utilisez par principe des crèmes solaires à facteur de protection maximal, à savoir 50, et évitez l’exposition au soleil aux moments les plus chauds de la journée.»

Conseils de protection solaire
- Dès le printemps, habituer progressivement la peau au soleil. Ceux qui tiennent absolument aux bains de soleil commenceront par 15 mn/j.
- Par principe, se mettre à l’ombre et porter un chapeau, des vêtements et des lunettes de soleil.
- Les fruits et les légumes (p. ex. les baies, les tomates, le poivron, etc.) fournissent les vitamines et les antioxydants nécessaires à la protection solaire.
- De nombreux amateurs de bronzette ne jurent que par les capsules de bêta-carotène pour réguler les radicaux libres.
- Les enfants ont une peau plus fine que les adultes et moins pigmentée. Il faut par conséquent veiller à ce qu’ils restent à l’ombre.
- Une règle empirique s’applique: lorsque notre ombre est plus courte que notre taille, le rayonnement solaire est à son intensité maximale. L’exposition directe aux rayons solaires est alors à éviter plus que jamais.

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