Vivre pleinement à la suite d’un infarctus du myocarde

Un homme se promène à vélo le long du lac.
Après un infarctus du myocarde, il est très important de maintenir une vie active. (Photo: DAK Gesundheit)

Un infarctus du myocarde constitue un événement déterminant, et le risque d’une seconde crise demeure élevé. En plus d’un traitement à long terme, le patient doit être prêt à adopter et maintenir de saines habitudes de vie.

L’infarctus du myocarde constitue l’une des principales causes de décès dans les pays industrialisés. Quiconque a survécu à un tel événement, qui peut être fatal, doit prendre conscience que la maladie responsable de l’infarctus, c’est-à-dire l’athérosclérose, ne peut disparaître. Il est donc important de tenir compte des risques, et ceci pour le reste de la vie.         

Après un infarctus, l’espérance de vie dépend de divers facteurs :

  • Dans quelle mesure le tissu myocardique a-t-il été touché ou détruit ? 
  • À quel degré les artères coronaires sont-elles affectées ?
  • Le ventricule gauche dispose-t-il d’une capacité suffisante à pomper le sang ?

Tout infarctus du myocarde peut mettre la vie en danger. Éviter un second infarctus représente ainsi l’objectif ultime, auquel participe la médecine. Cela commence avec la réadaptation, qui peut débuter dès la sortie de l’hôpital et se poursuit tout au long de la vie par un traitement médicamenteux. De tels médicaments peuvent entre autres permettre d’agir sur la pression artérielle, de contrôler le diabète, d’améliorer l’activité cardiaque, de réduire les taux de lipides sanguins ou de lutter contre la dépression.   

Changement des habitudes de vie

Suite à un infarctus du myocarde, il est important que le patient reconsidère ses habitudes de vie. Bien entendu, les recommandations générales pour un mode de vie sain valent ici aussi.

En premier lieu, les patients doivent discuter avec leur médecin des facteurs de risque qui ont mené à l’infarctus. Il s’agira ensuite de définir les priorités en tenant compte de ces facteurs de risques et des dommages résultants de l’infarctus. Dès le stade de réadaptation, le patient devra s’adapter à des changements de ses habitudes de vie.

Une femme fait des exercices de détente sur sa terasse.
Les techniques de détente contribuent à la réduction du stress. (Photo: DAK Gesundheit)

De retour aux anciennes habitudes de vie

Lorsque le quotidien reprend son cours, il est important que le patient mette en œuvre ce qu’il a appris, sans retomber dans ses anciennes habitudes. Selon la Fondation Suisse de Cardiologie, à peine la moitié des patients, un an après la réadaptation stationnaire, sont suffisamment actifs, tandis qu’un tiers d’entre eux continue à fumer et que presque trois quart souffrent d’embonpoint.   

Groupes de maintenance cardio-vasculaire

Les groupes de maintenance cardio-vasculaire jouent un rôle important dans la réadaptation à long terme des personnes ayant subit un infarctus. Ces groupes d’entraide bénéficient d’une assistance et d’un suivi médical. En Suisse, il existe environ 150 groupes. Des rencontres ont lieu d’une à deux fois par semaine, sous la supervision d’un thérapeute ; les patients apprennent à devenir « spécialistes de leur maladie », et à prendre plus de responsabilité pour leur santé et leur bien-être.

Ils apprennent à mieux connaître les limites de leur corps, à maîtriser les facteurs de risque et à gérer les contraintes ou handicaps dus à la maladie. Les groupes de maintenance cardio-vasculaire offrent l’avantage qu’un médecin soit toujours à disposition, en plus de favoriser des échanges avec d’autres personnes ayant vécu des événements similaires.

Une cigarette dans un cendrier
Si la nicotine est nuisible avant un infarctus, elle l’est d’autant plus après. (birgitH/pixelio.de)

Facteurs positifs

Les mesures de réadaptation à long termes comprennent entre autres: 

  • L’activité physique et un mode de vie actif. Il s’agit ici d’y aller progressivement, sans brûler d’étapes. On peut par exemple commencer avec de courtes promenades, et les rallonger petit à petit au fil des jours. Il est également possible d’effectuer des tâches à la maison ou dans le jardin. Au bout de quelques semaines, il est recommandé de suivre un entraînement cardiaque. Il est préférable de déterminer à l’avance quelles sont les limites auxquelles on peut se soumettre. 

    La marche, voire la marche nordique, la natation ou le bicycle sont autant d’activités appropriées. Il s’agit de veiller à augmenter le tempo progressivement. Un entraînement régulier au studio de fitness peut aussi être bénéfique, en autant qu’il soit adapté aux capacités de performance. 

  • L’embonpoint signifie une charge supplémentaire pour le cœur. Il est donc important de retrouver son poids idéal, ceci à travers une activité sportive et une alimentation saine et équilibrée. En ce sens, il est recommandé de consulter un nutritionniste.

    En principe, les fruits et légumes sont préférables à la viande de porc et aux charcuteries. La cuisine méditerranéenne est très saine, contient beaucoup d’aliments végétaux et peu d’aliments d’origine animale, et beaucoup moins de matières grasses que dans la cuisine nord-européenne. La cuisine asiatique est également plus pauvre en matières grasses en plus d’être savoureuse.

  • Au plus tard après avoir subi un infarctus, les fumeurs doivent mettre un terme à la cigarette.

  • Le stress, lorsqu’il est lié à d’autres facteurs, peut aussi être à l’origine d’un infarctus. Un changement des habitudes de vie ou une meilleure gestion du temps peuvent contribuer à réduire ou à éviter le stress. Un entraînement physique ou des techniques de détente peuvent favoriser un meilleur état.

En résumé, une attitude positive peut avoir un effet très bénéfique sur tous ces éléments. La conviction que cette nouvelle étape de la vie puisse aussi être positive devrait prendre le dessus.

 

Texte: Patrick Gunti – 03/2012
Traduction: MyH – 10/2012
Photos: DAK Gesundheit, pixelio.de

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