Epilepsie: diagnostic et thérapie

Procédé d’imagerie
Des moyens tels que l’électro-encéphalogramme (EEG) ou l’imagerie par résonnance magnétique (IRM) permettent d’établir un diagnostic. (Dieter Schütz/pixelio.de)

Avant d'envisager une intervention chirurgicale, il est conseillé d'administrer des médicaments antiépileptiques pour mieux contrôler les crises.

Les causes de l’épilepsie sont souvent inconnues

Malgré le développement des possibilités de recherches, on ne connaît toujours pas les causes de l’épilepsie et des crises épileptiques. On sait cependant quels facteurs peuvent contribuer à l’apparition de la maladie, et que ceux-ci peuvent agir individuellement ou s’influencer mutuellement. Il peut y avoir d’une part une prédisposition héréditaire (épilepsie idiopathique), ou il peut s’agir d’autre part d’une lésion au cerveau, congénitale ou résultant d’un accident (épilepsie symptomatique). Les lésions au cerveau sont de loin la cause la plus fréquente.

La forme héréditaire ne touche que cinq à dix pourcent des enfants atteints d’épilepsie. L’épilepsie symptomatique (ou les crises symptomatiques) peuvent résulter d’atteintes au cerveau, qu’elles soient dues à une maladie, un accident, une tumeur au cerveau, un AVC, une hémorragie ou des complications à la naissance.

Observation attentive

Afin d’établir un diagnostic d’épilepsie, le médecin devra procéder à une série d’examens. Pour ce faire, il est nécessaire de disposer de l’anamnèse du patient ainsi que d’une description aussi précise que possible des crises d’épilepsie. En raison des troubles de conscience suscités par l’épilepsie ou les crises d’épilepsie, le médecin dépend en général des observations d’une tierce personne. Afin de pouvoir déterminer de quelle forme d’épilepsie il s’agit, il est important de connaître autant de détails que possible.

L’EEG mesure l’activité électrique du cerveau

L’électro-encéphalogramme (EEG) constitue le second pilier du diagnostic d’épilepsie. Il s’agit d’une méthode de mesure des activités électriques du cerveau par l’enregistrement des variations de tensions à la surface du crâne. L’EEG illustre ces variations de façon graphique. L’EEG permet d’établir si le patient présente une prédisposition à l’épilepsie. En plus du diagnostic par EEG, certains laboratoires neurophysiologiques peuvent également effectuer des mesures télémétriques sur plusieurs heures ou plusieurs jours.

L’utilisation de procédés d’imagerie, tels que la tomographie par résonnance magnétique (TRM) ou la tomographie informatisée (TC) peut permettre au médecin d’établir si le patient est atteint de lésions au cerveau. Dès que toutes les données sont disponibles, et cela comprend également l’histoire médicale familiale afin de vérifier s’il existe une prédisposition héréditaire, il est alors possible d’établir le diagnostic et de déterminer la forme d’épilepsie selon la classification de l’ILAE.

Les médicaments peuvent apporter un soulagement

Le traitement d’un patient qui souffre d’épilepsie résulte du travail conjoint de plusieurs spécialistes, tels neurologues, pédiatres, internes et médecins-généralistes ainsi que neurochirurgiens. La thérapie doit d’abord et avant tout prioriser la normalisation du quotidien, la prévention contre les dommages à long terme, les accidents ou les blessures, ainsi que le maintien de la capacité de travail.

Dans la plupart des cas, le traitement consiste en l’administration de médicaments antiépileptiques. Le choix des  médicaments dépend de la forme d’épilepsie en question et des symptômes associés. Avant de commencer un tel traitement médicamenteux, il sera nécessaire d’évaluer les risques éventuels du traitement et les effets secondaires possibles des médicaments.

La plupart des grandes cliniques et instituts neurologiques offrent un suivi intensif et spécialisé. Souvent, un centre de traitement d’épilepsie sera rattaché à une clinique universitaire, qui, en plus d’effectuer un suivi médical, poursuit des recherches dans ce domaine. Une thérapie médicamenteuse peut être soutenue par un changement des habitudes de vie et par l’observation et la prévention de facteurs propices aux crises d’épilepsie.        

Autre alternative: l’opération

Lorsque les médicaments ne suffisent pas à contrôler les crises, on pourra, selon les circonstances, envisager une intervention chirurgicale. La décision concernant une telle intervention dépend de quelle forme d’épilepsie il s’agit, de quelle région du cerveau est atteinte, et de l’importance que joue cette région cérébrale dans le quotidien.

Jusqu’à maintenant, il n’est pas toujours possible de contrôler l’épilepsie. Pour certaines formes d’épilepsie, jusqu’à 90% des patients ne subissent plus de crise ; pour d’autres formes, ce chiffre n’atteint que 30%. Environ deux tiers des patients peuvent, grâce à un traitement médicamenteux, mener une existence normale. Pour environ 20% des patients, il n’est pas possible d’agir sur l’incidence des crises, ou pas suffisamment. Les recherches révèlent continuellement de nouvelles avancées dans le domaine, de sorte qu’il est maintenant possible d’envisager des méthodes plus efficaces de traitement, voire des possibilités de prévention de l’épilepsie.   

Texte: Patrick Gunti – 08/2011

Traduction: MyH - 10/2012

Photos: pixelio.de

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