L’autisme: une autre perception du monde environnant

L'origine éthymologique d'"autisme" signifie un "repli sur soi". (Photo: Hofschläger / pixelio.de)

Les troubles de l’autisme se caractérisent par une atteinte grave au développement de l’enfant ; ils apparaissent au cours de l’enfance et sont caractérisés par des troubles relatifs aux interactions sociales et à la communication. Il est difficile de diagnostiquer l’autisme, et les causes de cette maladie sont jusqu’à ce jour mal connues.

Le terme « autisme » vient du grec et signifie « replié sur soi ». Un coup d’œil sur l’histoire de la maladie démontre que c’est Eugen Bleuler, psychiatre Suisse, qui a d’abord défini ce terme. Il y associait le repli d’un individu dans son propre monde, un symptôme qu’il observait chez les personnes schizophrènes.  

L’autisme infantile et le syndrome d’Asperger

En 1943 et 1944, Leo Kanner, pédopsychiatre américain ainsi que Hans Asperger, pédiatre autrichien, ont tous deux décrit, indépendamment l’un de l’autre, deux types de troubles différents, qu’ils ont tous deux associés avec l’autisme.

Selon les critères actuels de diagnostic, on fait une distinction entre l’autisme infantile (le syndrome de Kanner) et syndrome d’Asperger, qui se manifeste souvent après l’âge de trois ans. Aujourd’hui, il est souvent question du spectre autistique (spectre des troubles de l’autisme), qui distingue entre différents symptômes et degrés de sévérité.

Dans la CIM-10 (Classification internationale des maladies), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) définit l’autisme comme un grave trouble du développement.

Pour établir un tel diagnostic, des anomalies doivent pouvoir être constatées dans ces trois domaines :  

  • troubles de la parole, communication verbale et non-verbale
  • interaction sociale
  • activités et intérêts particuliers, en raison de facultés de perceptions altérées.
Trop de stimuli peuvent provoquer chez l’autiste des sensations et impressions qu’il ne peut gérer. (Photo: stihl / pixelio.de)

Diverses impressions sensorielles

D’un point de vue médical, l’autisme se définit comme un trouble de la perception, qui occasionne à la personne atteinte d’autisme de graves problèmes à réagir aux stimuli environnementaux. En raison d’une atteinte à ses fonctions de filtrage, l’autiste est livré à d’innombrables sensations et impressions, ce qui occasionne des troubles d’interactions sociales, un repli sur soi ainsi qu’un comportement insaisissable.

Le degré de sévérité de l’autisme peut aller du pur génie au stade d’arriéré mental. Le syndrome d’Asperger est plus fréquent chez les hommes que chez les femmes, dans une proportion allant de 4 :1 à 8 :1.       

Il n’existe pas d’autiste typique

Ce que nous savons de l’autisme est souvent influencé par l’image souvent stéréotypée qui nous est rapportée par les médias. Pourtant, il n’existe pas que des cas extrêmes d’individus muets et repliés sur eux-mêmes. L’autisme est un phénomène caractérisé par divers symptômes et degrés de sévérité.

Il n’existe pas de cas universel d’autisme. Certes, les personnes souffrant d’un autisme léger peuvent éprouver des difficultés à assimiler les stimuli environnementaux et à interagir socialement, mais elles sont aussi, dans la plupart des cas, dotées d’une intelligence normale, voire supérieure, et possèdent une faculté de s’exprimer au-dessus de la moyenne.

Syndrome du savant

Les intérêts des autistes sont souvent restreints à un domaine particulier, toutefois certains d’entre eux possèdent, dans ce domaine, des facultés supérieures, telles que le calcul mental, le dessin ou la musique. Il s’agit alors du syndrome du savant. Environ 50% des « savants » sont des autistes.

Autisme : diagnostic difficile à établir (Photo: fries / pixelio.de)

Les causes ne sont pas entièrement connues

Les causes de l’autisme ne sont à ce jour pas entièrement connues. De nombreux facteurs entrent en ligne de compte. Des facteurs génétiques ainsi que certains processus biologiques ayant lieu avant, pendant ou après la grossesse peuvent nuire au développement cérébral et provoquer des troubles autistiques.

La thèse, soutenue jusque dans les années 60 et selon laquelle la froideur émotionnelle de la mère, une éducation sans amour, un manque d’attention ou encore un traumatisme psychique pouvaient être à l’origine de l’autisme, est aujourd’hui invalidée. De même, les soupçons nourris à l’encontre des substances environnementales ou des additifs compris dans les vaccins ne sont plus considérés comme des agents pouvant provoquer l’autisme.

Des chiffres élevés

Au cours des dernières années, les cas d’autisme semblent avoir augmenté de façon continue. Le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies (CDC), aux Etats-Unis, parle d’une augmentation de 57% entre 2002 et 2006. En 2006, un enfant sur 110 était atteint de l’autisme. Toutefois, il est possible que divers facteurs entrent en ligne de compte, qui n’aient en réalité rien à voir avec la maladie. C’est pourquoi des visites plus fréquentes dans les jardins d’enfants peuvent permettre de découvrir à temps plus de cas d’autisme.

En outre, les parents sont aujourd’hui peut-être plus attentifs quant au développement de leur enfant. L’autisme est aussi mieux reconnu qu’auparavant, de sorte qu’un plus grand nombre d’enfants qui démontrent des troubles du comportement sont qualifiés d’autistes. De plus, le thème est de plus en plus reconnu et de nombreuses personnes sont mieux sensibilisées aux troubles de l’autisme. Il est aussi possible que de nombreux cas n’étaient autrefois pas relevés et que la maladie de l’autisme n’était pas reconnue.

Diagnostic difficile à établir

Le diagnostic d’autisme est en général très difficile à établir. La maladie est d’abord diagnostiquée en fonction des symptômes mentionnées, qui toutefois n’apparaissent pas uniquement dans le cas de l’autisme. Ainsi, un nourrisson qui ne s’intéresse pas à son entourage, ou un enfant qui préfère jouer seul, n’est pas automatiquement autiste. Il est généralement difficile, avant dix-huit mois, d’établir un diagnostic solide. Une détection précoce de la maladie permet un traitement individuel optimal à partir d’un bas âge.

Une thérapie des troubles autistiques ne vise toutefois pas une guérison de l’autisme, celui-ci étant jusqu’à ce jour incurable. Les personnes atteintes vivront toute leur vie avec cette maladie. Il existe toutefois des approches thérapeutiques qui permettent d’améliorer certaines difficultés et ainsi contribuer à une meilleure intégration sociale.

Texte: PG – 06/2010
Traduction: MyH – 05/2013
Photos: pixelio.de

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